Océane
KimenauL’organisation d’une assemblée générale, c’est souvent une liste interminable de tâches à coordonner : convocations à envoyer, documents à préparer, PV à signer, registres à archiver. Autant d’obligations chronophages qui pèsent sur les équipes juridiques, les secrétariats généraux, les experts-comptables et leurs collaborateurs souvent au détriment du temps consacré au conseil.
Bonne nouvelle : le décret n° 2026-94 du 13 février 2026, pris dans la continuité de la loi Attractivité de 2024, vient franchement simplifier et moderniser le cadre d’organisation des assemblées générales. Moins de papier, plus de souplesse, et des process plus fluides.
Voici ce que vous devez savoir pour adapter vos pratiques dès maintenant.
Ce décret s’inscrit dans un mouvement de fond : la dématérialisation progressive de la vie des sociétés. Après la réforme du guichet unique, la facture électronique ou encore la dématérialisation des registres ouverte depuis 2019, c’est au tour de l’organisation des assemblées générales d’être profondément modernisée.
Les sociétés directement concernées sont :
À noter : les SAS bénéficient déjà d’une grande liberté statutaire sur ce sujet, mais peuvent s’appuyer sur ces nouvelles dispositions pour fluidifier leurs pratiques. Les SARL, quant à elles, peuvent recourir à la dématérialisation des AG sous réserve que leurs statuts le prévoient à l’exception des assemblées d’approbation des comptes, qui restent en présentiel.
C’est un changement de paradigme majeur. Jusqu’à présent, l’envoi électronique des convocations relevait d’une option que la société proposait à ses actionnaires. La logique est désormais inversée : l’email devient le canal de référence, dès lors que l’adresse électronique de l’actionnaire est connue. Concrètement, la société n’a plus à demander l’accord préalable de chaque actionnaire pour lui envoyer sa convocation par voie dématérialisée. L’actionnaire conserve toutefois le droit de demander un envoi papier pendant une période transitoire de deux ans. Cette inversion du principe change beaucoup de choses dans le quotidien opérationnel : gain de temps sur l’envoi, réduction des coûts, immédiateté de la transmission.
⚠️ Point de vigilance : cette disposition entre en vigueur pour les assemblées convoquées à compter du 1er juillet 2026. Cela laisse quelques mois pour mettre à jour vos bases de données contacts, fiabiliser les adresses email des actionnaires et adapter vos process internes.
Terminée (ou presque) la logique de l’envoi individuel des documents préalables à chaque actionnaire qui en fait la demande. Dès lors que les documents sont publiés sur le site internet de la société au plus tard 21 jours avant l’assemblée, la société est considérée comme ayant rempli ses obligations.
À noter : cette dispense ne supprime pas l’obligation de déposer les documents au siège social, où ils restent consultables pour les actionnaires qui souhaitent y accéder en version papier.
C’est une évolution attendue. Les SA, SCA et SE non cotées peuvent organiser leurs assemblées générales ordinaires comme extraordinaires, entièrement par voie dématérialisée : visioconférence, audioconférence, ou toute autre plateforme de télécommunication électronique. La convocation devra indiquer clairement le dispositif retenu pour la participation à distance. Ce n’est pas qu’une simplification logistique : c’est aussi un levier pour améliorer le taux de participation, notamment dans les sociétés dont les associés sont géographiquement dispersés.
Pour ceux qui pilotent ces process au quotidien, voici ce qui mérite une attention particulière dans les semaines à venir.
Vous voulez faire le point sur votre organisation actuelle et comprendre comment vous adapter ?
Avant le 1er juillet 2026 :
Pour chaque nouvelle assemblée :
Sur l’archivage :
Sources : Décret n° 2026-94 du 13 février 2026, Loi n° 2024-537 dite « loi Attractivité », Décret du 31 octobre 2019 relatif à la dématérialisation des registres.