Isabel
De OliveiraUn dossier refusé par le greffe n’a plus le même coût qu’avant. Depuis le 20 juillet 2026, une nouvelle interprétation de l’article R. 743-140 du code de commerce, diffusée par le Conseil national des greffiers des tribunaux de commerce à l’ensemble des greffes, change la logique de facturation des formalités d’entreprise. Pour les juristes, avocats, experts-comptables et clercs qui gèrent des volumes importants de formalités, cette évolution mérite d’être comprise en détail : elle a un impact direct sur le coût réel de vos dossiers, et sur la manière de les sécuriser en amont.
L’article R. 743-140 du code de commerce fixe le principe de l’émolument forfaitaire dû au greffe pour le traitement d’une formalité d’entreprise. Plusieurs directions départementales de la protection des populations (DDPP) et directions régionales de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DREETS) ont retenu une interprétation précise de ce texte : l’émolument forfaitaire rémunère l’ensemble des diligences nécessaires à l’instruction d’une formalité, et non son seul aboutissement.
Autrement dit, le forfait payé au greffe correspond au travail d’analyse et de contrôle du dossier, pas à sa validation. Le Conseil national des greffiers a formalisé cette lecture dans des instructions nationales, afin d’harmoniser les pratiques tarifaires sur l’ensemble du territoire, greffe par greffe.
Jusqu’ici, l’issue d’une formalité pouvait, dans les faits, influer sur ce que le greffe facturait. Ce n’est plus le cas. Le greffe applique désormais, de manière systématique, le ou les forfaits correspondant au périmètre de contrôle réellement opéré sur le dossier, quelle que soit l’issue de la formalité : validation ou décision de refus.
Ce périmètre de contrôle peut regrouper plusieurs forfaits cumulés :
Un deuxième changement, plus ciblé, concerne les formalités déclaratives au Registre Spécial des Agents Commerciaux (RSAC) : les dispositions prévoyant l’envoi automatique de 4 à 5 extraits, applicables au RCS, ne s’appliquent pas au RSAC. En conséquence, aucun extrait n’est plus transmis par défaut à l’issue d’une formalité déclarative au RSAC ; il doit désormais être commandé après coup.
Pour les équipes qui gèrent elles-mêmes tout ou partie de leurs formalités, trois conséquences pratiques sont à anticiper :
À titre d’exemple, une formalité d’immatriculation intègre déjà, dans la plupart des greffes, le forfait de dépôt de la déclaration des bénéficiaires effectifs. Une modification impliquant à la fois un changement de dirigeant et le dépôt d’un acte peut cumuler forfait de modification, forfait DBE (si les bénéficiaires effectifs sont concernés) et forfait de dépôt d’acte. Une radiation ou une dissolution reste due dans les mêmes conditions, même si la formalité fait l’objet d’observations ou d’un refus initial du greffe.
| Formalités | Montants maximum susceptibles d’être appliqués |
| Immatriculation | 65€ |
| Modification | 80€ |
| Dépôt d’une DBE | 40€ |
⚠️ À noter : ces frais peuvent se cumuler selon la nature et le contenu de votre dossier
Cette évolution réglementaire rappelle une réalité que les professionnels du secrétariat juridique connaissent bien : une formalité mal préparée coûte toujours plus cher qu’une formalité bien préparée. C’est précisément ce que Medialex fait depuis plus de 30 ans pour ses clients : contrôler chaque dossier en amont, avec des formalistes pour limiter au maximum le risque de refus et donc de surfacturation.
Déléguer ses formalités à un partenaire expert ne veut pas dire perdre la main sur ses dossiers : c’est au contraire s’assurer qu’ils sont instruits une seule fois, dans les meilleures conditions. Pour comprendre l’impact exact de cette évolution sur vos formalités (immatriculations, modifications, radiations), l’équipe Medialex reste à votre disposition.