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Frais de greffe 2026 : pourquoi vos formalités peuvent désormais être facturées même en cas de refus 

Un dossier refusé par le greffe n’a plus le même coût qu’avant. Depuis le 20 juillet 2026, une nouvelle interprétation de l’article R. 743-140 du code de commerce, diffusée par le Conseil national des greffiers des tribunaux de commerce à l’ensemble des greffes, change la logique de facturation des formalités d’entreprise. Pour les juristes, avocats, experts-comptables et clercs qui gèrent des volumes importants de formalités, cette évolution mérite d’être comprise en détail : elle a un impact direct sur le coût réel de vos dossiers, et sur la manière de les sécuriser en amont. 

Comprendre le cadre : que dit vraiment l’article R. 743-140 ? 

L’article R. 743-140 du code de commerce fixe le principe de l’émolument forfaitaire dû au greffe pour le traitement d’une formalité d’entreprise. Plusieurs directions départementales de la protection des populations (DDPP) et directions régionales de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DREETS) ont retenu une interprétation précise de ce texte : l’émolument forfaitaire rémunère l’ensemble des diligences nécessaires à l’instruction d’une formalité, et non son seul aboutissement. 

Ce qui change concrètement pour les professionnels 

Jusqu’ici, l’issue d’une formalité pouvait, dans les faits, influer sur ce que le greffe facturait. Ce n’est plus le cas. Le greffe applique désormais, de manière systématique, le ou les forfaits correspondant au périmètre de contrôle réellement opéré sur le dossier, quelle que soit l’issue de la formalité : validation ou décision de refus. 

Ce périmètre de contrôle peut regrouper plusieurs forfaits cumulés : 

  • Le forfait de la formalité déclarative elle-même (immatriculation, modification ou radiation) ; 
  • Le forfait relatif à la déclaration des bénéficiaires effectifs (DBE), lorsque celle-ci est requise ou modifiée ; 
  • Le forfait du dépôt d’acte concomitant, lorsqu’un acte est déposé en même temps que la formalité déclarative. 

Un deuxième changement, plus ciblé, concerne les formalités déclaratives au Registre Spécial des Agents Commerciaux (RSAC) : les dispositions prévoyant l’envoi automatique de 4 à 5 extraits, applicables au RCS, ne s’appliquent pas au RSAC. En conséquence, aucun extrait n’est plus transmis par défaut à l’issue d’une formalité déclarative au RSAC ; il doit désormais être commandé après coup. 

Impacts opérationnels dans les cabinets et directions juridiques 

Pour les équipes qui gèrent elles-mêmes tout ou partie de leurs formalités, trois conséquences pratiques sont à anticiper : 

  1. Un dossier refusé a désormais un coût certain. Un refus pour pièce manquante, incohérence statutaire ou erreur de saisie signifie la facturation du forfait correspondant au contrôle opéré reste dû. 
  2. La fiabilité du dossier déposé devient un enjeu financier direct, et pas uniquement un enjeu de délai ou d’image. Chaque dépôt non sécurisé expose à une double dépense : le forfait du dépôt refusé, puis celui du dépôt corrigé. 
  3. Le suivi budgétaire des formalités doit intégrer ce risque, en particulier sur les dossiers complexes (transformations, opérations avec enregistrement, dossiers multi-établissements) où plusieurs forfaits peuvent se cumuler

À titre d’exemple, une formalité d’immatriculation intègre déjà, dans la plupart des greffes, le forfait de dépôt de la déclaration des bénéficiaires effectifs. Une modification impliquant à la fois un changement de dirigeant et le dépôt d’un acte peut cumuler forfait de modification, forfait DBE (si les bénéficiaires effectifs sont concernés) et forfait de dépôt d’acte. Une radiation ou une dissolution reste due dans les mêmes conditions, même si la formalité fait l’objet d’observations ou d’un refus initial du greffe. 

FormalitésMontants maximum susceptibles d’être appliqués
Immatriculation65€
Modification80€
Dépôt d’une DBE40€

⚠️ À noter : ces frais peuvent se cumuler selon la nature et le contenu de votre dossier

Bonnes pratiques et recommandations 

  • Vérifier systématiquement la complétude du dossier avant tout dépôt : pièces d’identité à jour, statuts cohérents avec la formalité, formulaire de déclaration des bénéficiaires effectifs complété si nécessaire. 
  • Faites-nous confiance : si nous vous alertons concernant votre dossier de formalité, c’est qu’il présente un risque important de rejet. Si un élément est manquant ou nécessite une correction, nous vous recommandons de vous appuyer sur notre expertise afin que nous puissions reprendre le dossier ensemble et sécuriser son dépôt.
  • Ne plus compter sur l’envoi automatique d’extraits pour les formalités déclaratives au RSAC : prévoir leur commande si le dossier client en a besoin. 

Conclusion : sécuriser ses formalités devient un enjeu financier, pas seulement juridique 

Cette évolution réglementaire rappelle une réalité que les professionnels du secrétariat juridique connaissent bien : une formalité mal préparée coûte toujours plus cher qu’une formalité bien préparée. C’est précisément ce que Medialex fait depuis plus de 30 ans pour ses clients : contrôler chaque dossier en amont, avec des formalistes pour limiter au maximum le risque de refus et donc de surfacturation. 

Déléguer ses formalités à un partenaire expert ne veut pas dire perdre la main sur ses dossiers : c’est au contraire s’assurer qu’ils sont instruits une seule fois, dans les meilleures conditions. Pour comprendre l’impact exact de cette évolution sur vos formalités (immatriculations, modifications, radiations), l’équipe Medialex reste à votre disposition.