Isabel
De OliveiraLa loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 de simplification de la vie économique (dite loi “SVE”) a été publiée au Journal officiel du 27 mai 2026.
Son ambition : simplifier les démarches administratives des entreprises, fluidifier certaines opérations économiques et alléger des contraintes jugées trop lourdes ou redondantes. Mais derrière cet objectif de “simplification”, plusieurs mesures concernent directement les professionnels du droit et du chiffre dans leur pratique quotidienne :
Depuis plusieurs années, les entreprises font face à une accumulation de procédures :
Pour les avocats, juristes, notaires ou experts-comptables, le véritable enjeu n’est plus seulement de connaître les textes.
Il est de :
L’article 22 de la loi modifie le dispositif d’information préalable des salariés en cas de cession d’entreprise. Le législateur distingue désormais deux situations.
L’obligation d’information des salariés est maintenue, mais son régime est allégé :
L’obligation d’information individuelle de chaque salarié disparaît.
Désormais, la procédure d’information-consultation du CSE devient suffisante.
Pour les praticiens, cette évolution nécessite surtout :
Attention également au calendrier d’entrée en vigueur : ces nouvelles règles s’appliqueront aux ventes conclues au moins deux mois après la promulgation de la loi.
L’article 26 poursuit un objectif de “dépénalisation” du droit des affaires. Concrètement, plusieurs peines d’emprisonnement sont supprimées pour les dirigeants. Mais en parallèle, les sanctions financières sont fortement renforcées.
C’est l’un des changements les plus marquants. La peine de 6 mois d’emprisonnement en cas de non-déclaration est supprimée.
En revanche, l’amende maximale passe :
Le législateur remplace donc une logique de sanction pénale personnelle par une logique de sanction économique dissuasive.
La loi supprime également certaines peines d’emprisonnement liées :
Pour la CSRD notamment :
Les entreprises et leurs conseils devront :
Le risque change de nature : moins pénal, mais potentiellement beaucoup plus coûteux financièrement.
L’article 29 impose désormais aux établissements bancaires de justifier par écrit tout refus de dépôt du capital social lors d’une création d’entreprise. Cette obligation concerne les microentreprises :
Dans la pratique, certains refus de dépôt pouvaient bloquer une création d’entreprise sans véritable explication.
Résultat :
Le législateur cherche ici à renforcer la transparence bancaire et à sécuriser les parcours de création.
Pour les professionnels qui accompagnent des créations de sociétés, cette mesure permettra :
L’entrée en vigueur est toutefois différée : la mesure s’appliquera un an après la promulgation de la loi.
Dans sa décision n° 2026-903 DC du 21 mai 2026, le Conseil constitutionnel a censuré plusieurs dispositions considérées comme des “cavaliers législatifs”. En droit des sociétés, deux mesures étaient particulièrement attendues :
Ces dispositions ne pourront donc pas entrer en vigueur dans le cadre de cette loi.
La loi SVE 2026 confirme une tendance de fond : simplifier certaines formalités tout en maintenant des exigences fortes de conformité et de traçabilité.
Pour les professionnels du droit et du chiffre, l’enjeu reste le même :
Cela suppose des outils, des process et des partenaires capables d’accompagner rapidement les évolutions réglementaires et leurs impacts opérationnels.
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