Michelle
Deroin
Entre les nouveaux seuils, les nouvelles obligations de développement durable et une jurisprudence toujours aussi vigilante sur le respect des procédures, l’année 2026 est particulièrement dense pour les acheteurs publics et les opérateurs économiques.
Voici une synthèse des points essentiels, avec, à chaque fois, ce qu’ils changent concrètement pour vous.
Evolution des seuils de dispense de publicité et de mise en concurrence : pérennisation à 100 000 € HT pour les travaux et évolution à 60 000 € HT pour les fournitures et services. Cette règle s’applique également aux lots de faible montant.
Autre évolution structurante : l’obligation de dématérialiser est passée de 40 000 € à 60 000 € HT. Concrètement, le dossier de consultation des entreprises (DCE) doit être mis à disposition sur le profil d’acheteur, avec réponse électronique, dès que ce seuil est atteint.
Depuis février 2026, le concours de maîtrise d’œuvre n’est obligatoire qu’à partir de 300 000 € HT pour les collectivités en tant que pouvoir adjucateur (contre 216 000 € HT auparavant, seuil qui reste néanmoins celui à partir duquel la procédure formalisée s’impose). Entre ces deux seuils, vous avez désormais le choix entre dialogue compétitif, procédure avec négociation ou appel d’offres restreint.
Du côté de l’innovation, le seuil de dispense pour les marchés innovants est passé à moins de 140 000 € HT, et il est désormais possible de réserver des lots aux jeunes entreprises innovantes dans le cadre d’un marché innovant alloti (jusqu’à 15 % du montant total).
Deux points à retenir :
Pourquoi c’est important : elle doit être effectuée à la conclusion de tout contrat supérieur ≥ à 5 000 € HT et renouvelée tous les 6 mois jusqu’à l’achèvement de ce dernier.
L’harmonisation des règles sur les variantes (mai 2026) simplifie une situation qui prêtait à confusion : désormais, en l’absence d’indication contraire, une variante est considérée comme acceptée, sans obligation de présenter une offre de base, aussi bien en MAPA qu’en procédure formalisée.
A noter : contradiction entre les art. L 2151-2 et R 2151-8 du Code de la Commande Publique –> indiquez si vous les acceptez ou pas, avec ou sans l’offre de base.
Sur le terrain économique, le contexte géopolitique et la volatilité des prix des matières premières ont remis sur le devant de la scène la théorie de l’imprévision. Elle ouvre droit à une indemnité pour l’entreprise titulaire si trois conditions sont réunies : la hausse était imprévisible au moment de la conclusion du marché, elle est extérieure aux parties, et elle est temporaire. Une circulaire du Conseil d’État du 24 avril 2026 est venue préciser l’articulation de ce mécanisme.
Depuis la loi Climat et Résilience, la commande publique doit intégrer des critères environnementaux, sociaux et économiques. Deux échéances à ne pas manquer :
Un point de vigilance ressort régulièrement des rapports des chambres régionales des comptes : les critères environnementaux ou RSE ne peuvent porter que sur des éléments directement liés à l’objet du marché, jamais sur la politique générale de l’entreprise. Plusieurs décisions récentes (Conseil d’État, tribunaux administratifs) ont sanctionné des critères trop vagues ou non justifiés dans l’analyse des offres.
Plusieurs décisions rendues ces derniers mois viennent rappeler des règles utiles au quotidien :
L’année 2026 est marquée par différentes évolutions de la Commande Publique ainsi que la mise en application au 21 août de l’article 35 de loi climat et résilience.
Une question sur l’application de ces évolutions à vos marchés ? L’équipe Medialex se tient à votre disposition pour vous accompagner !